Au lieu des percussions assourdissantes, le silence du recueillement. Une grosse caisse est posée sur le sol pour un hommage aux victimes brésiliennes du coronavirus devant le musée de la Samba d’une ville de Rio privée de carnaval par la pandémie. En temps normal, les rues devraient déjà être pleines de fêtards et les écoles de samba devraient peaufiner les derniers détails de leurs somptueux défilés du dimanche et du lundi soir au sambodrome, selon l’AFP. Mais cette année, les Cariocas sont privés de la fête populaire qui fait la fierté et la réputation mondiale de Rio de Janeiro. Ils éprouvent la “saudade”, cette nostalgie toute brésilienne de ces festivités qui n’ont été annulées que deux fois auparavant, en 1892 et 1912. “Pour tous les amateurs de samba, pour le peuple afro-descendant, c’est un moment difficile. On n’aura pas notre moment de fête, on pourra seulement pleurer les morts”, dit à l’AFP Nilcemar Nogueira, fondatrice du musée de la Samba, situé au pied de la colline de la favela de Mangueira, berceau de la célèbre école de samba du même nom.